samedi 12 octobre 2013

Question du jour : Les mandats illimités en Afrique : volonté du peuple ou pratique dictatoriale ?

La problématique du jour est sans aucun doute un sujet très sensible et en même temps central pour comprendre les difficultés démocratiques que connaissent les pays Africains. C’est pourquoi j’ai jugé impérieux de partager succinctement avec vous, jeunes Africains comme moi, sur les explications que nous donnons  à l’illimitation des mandats de nos dirigeants.
J’aborderais cette incompréhension par la première interrogation du thème : est ce que l’illimitation des mandats est une volonté du peuple ? Je ne saurais la répondre au nom du peuple tout entier, toutefois on peut se demander si ce peuple souhaite véritablement une seule personne au pouvoir ad vitam aeternam ? La réponse aurait été plus simple et évidente si les Etats où il y a illimitation des mandats n’étaient pas des Républiques mais plutôt des royaumes.  Effectivement la réponse aurait été évidente si nous étions tous comme au SWAZILAND où il y a un roi dont la longévité n’est pas contestée  par le peuple. Dans ce genre de cas, le problème ne se pose pas mais s’impose au peuple puisque c’est un royaume. Maintenant en tant que république, où le pouvoir appartient en principe au peuple et non à un individu, comment expliquer que ce même peuple puisse permettre constitutionnellement qu’une personne qui a déjà dirigée puisse se présenter autant de fois qu’elle le souhaite alors que nous sommes en république ? Que c’est bizarre !
La constitution doit être l’expression du peuple et non d’un groupuscule qui s’aborde le pouvoir du premier citer à des fins partisanes ou personnelles. C’est malheureusement le cas dans certains pays du continent, où les dirigeants prétendent parler ou agir au nom du peuple alors qu’au fond ils le font à leurs noms propres ou à celui de leurs partis politiques. C’est par ce canal ou cette usurpation, que certains dirigeants ont illimité leurs mandats en faisant croire que c’est la volonté du peuple alors que c’est tout simplement la leur.
Vous comprenez dès lors pourquoi j’ai parlé plus haut d’incompréhension, parce que dès lors que nous sommes constitués en république, nulle personne ne peut se présenter « n fois » au poste de Président au risque de dénaturer la république. La loi dans certaines républiques  occidentales qui font office de références, et même dans certains Etats Africains comme le GHANA, le CAP VERT ou encore le SENEGAL, est quasiment la même en ce qui concerne la limitation de mandat ; c’est un mandat « une fois » renouvelable pour un président élu. Cette loi est formidable car elle exprime pleinement le vrai sens de la république qui veut que le peuple renouvelle par elle-même et pour elle-même sa classe dirigeante après deux mandats bien limités dans le temps.
Cette analyse nous plonge automatiquement dans le second point de ce sujet. Est-ce une pratique dictatoriale que de se présenter autant de fois qu’on le souhaite ? Les personnes concernées répondront tout simplement « non » parce que considérant que la constitution le permet. C’est tout à fait normal de répondre ainsi même si nous savons tous à l’image de qui cette constitution a été faite, en tout cas pas à l’image du peuple.
Le peuple ne peut pas lui-même choisir et donner le fouet avec lequel on va le battre à des fouetteurs. Si je le dit c’est parce que l’illimitation de mandat est comme un fouet et celui qui exerce cette illimitation est un fouetteur, donc un dictateur. La constitution dans une véritable république ne peut, selon moi, accorder une telle pratique parce que si c’est le cas alors la république se confond à la dictature.
De deux choses l’une, soit nous sommes une république soit une dictature. Il faut qu’on se situe pour savoir sur quel régime fonctionnons-nous. C’est cette confusion qui entache fortement la démocratie et le développement de nos pays. On se considère en république alors que les pratiques courantes sont dictatoriales ; parce que comment expliquer qu’un président qui sait que sont mandat prend fin sous peu, décide unilatéralement de changer la constitution et de prolonger le mandat pour rester au pouvoir ? Sommes-nous dans ce cas dans une république ou dans une dictature ?
J.J Rousseau dans le Contrat Social explique que le sénat Romains nommait  un dictateur que lorsque l’intérêt supérieur de la Nation était mis en danger. D’ailleurs cette nomination se faisait en secret et la nuit parce que la loi ne permettait pas à un homme d’être au dessus des lois. De nos jours, pour revenir chez nous en Afrique, nos dirigeants se mettent tout le temps au dessus des lois non pas au nom de la nation mais à leurs noms propres. Avec tout cela comment ne pas se dire que nous sommes vraisemblablement dans des dictatures qui ont l’apparence formelle de république. Les dirigeants qui changent les constitutions au gré de leurs ambitions ou attachement au pouvoir, font de nos Etats des dictatures pures et dures surtout lorsque ces pratiques sont courantes à tous les niveaux de décisions.

Pour finir je pense qu’il serait judicieux pour nos pays et pour le peuple Africain de revoir profondément les textes qui régissent la pratique du pouvoir, surtout au niveau des mandats des Présidents. La république doit s’exprimer dans toute sa plénitude et non la cloisonnée à des fins personnels qui ternissent sans aucun doute l’image des pays où la limitation de mandat n’est pas effective.
     
                         vivement que tous respectent la constitution.

mercredi 9 octobre 2013

Question du jour : Quel sélectionneur pour les Panthères du Gabon?

L’équipe nationale de football du Gabon est actuellement à la recherche d’un nouveau sélectionneur. Plusieurs entraîneurs ont déposé leurs candidatures en vue de prendre en main les destinées de notre sélection nationale. Parmi ces candidats, certains ne sont plus à présenter, on peut citer Claude Leroy, Jean Tissen, Enzo scifo, Claude Mbourounot, François zahoui, Hervé Renard, etc. selon le site Africafoot365, la cellule football de la Présidence de la République Gabonaise a son favori, il s’agit de Paul le Guen qui ne figure pas dans la short liste de la FEGAFOOT. Bref !
Nous savons tous que les panthères sont malades, la rapidité qui faisait sa caractéristique première s’est étiolée, le pragmatisme d’antan n’est qu’une nostalgie qui chagrine à chaque occasion de but ratée ; le patriotisme, ah le patriotisme ! Gabon d’abord. Ce n’est plus le cas mes chers amis, c’est désormais « l’argent d’abord » ou « moi d’a
bord ». Pourquoi cette perte de valeur au sein de l’équipe nationale ? Je n’arrive pas à comprendre que des gens qui disent être passionnés par le football, arrivent eux-mêmes à détruire l’objet de leur passion. Je trouve cela incompréhensible.
A l’époque de AZINGO on n’avait pas autant de professionnels que maintenant mais pourtant ces joueurs arrivaient tant bien que mal à rivaliser avec les plus grandes nations du football Africain. Comment se fait-il qu’aujourd’hui avec le capital humain que nous avons, ils ne parviennent  pas à faire plus que leurs aînés ? Une question  que seuls les dirigeants de la fédération, les différents  coachs qui se sont succédé et les joueurs  peuvent  répondre.
« Les Brésiliens d’Afrique » c’est comme ça qu’on nous appelait en 1996 en Afrique du Sud, tellement le jeu qu’on déroulait ressemblait goutte pour goutte à la Samba Brésilienne. C’était un jeu fluide et rapide, une vivacité qui déstabilisait les défenses adversaires. Ce jeu qu’adorait les Gabonais n’existe plus, il appartient désormais à l’histoire de notre football. Belle époque n’est ce pas ?! 
Toutes les difficultés que connait l’équipe nationale sont connues de tous, je n’apprends rien à ceux parmi vous qui suivent l’actualité des panthères, c’est un énorme chantier à ciel ouvert qui nécessite impérativement un maître d’œuvre à sa mesure. C’est pourquoi le sélectionneur qui sera choisi par la Fédération Gabonaise Football, nous dira long sur leur prise de conscience en ce qui concerne la reconstruction des Panthères sur son aspect footballistique.
L’ouvrage est véritablement de taille parce que hormis l’aspect footballistique qui est « gravement malade », il y a aussi l’aspect administratif qui pour moi est le couteau qui remue la blessure des panthères. Les multiples et variés guerres intestines que connait la FEGAFOOT sont pour beaucoup sur l’état pitoyable de l’équipe nationale.  Je me demande bien quand est-ce ils vont arrêter de « bousiller » la passion de leurs propres enfants. Cette partie du problème de l’équipe nationale n’est pas du ressort du sélectionneur, ce qui veut dire que ce sont les dirigeants eux-mêmes à les régler pour faciliter le travail de ce dernier et pour le bien du football Gabonais.
La FEGAFOOT a dans cet état de chose une double responsabilité dans le choix qu’elle aura à faire ; Elle devra non seulement désigner le meilleur sélectionneur possible pour l’équipe nationale mais aussi lui donner les moyens adéquats pour lui permettre de travailler dans les conditions optimales. L’improvisation ou l’amateurisme doivent laisser place à la programmation et au professionnalisme, nul doute qu’avec ces préalables les choses iront de l’avant.  
Nous savons tous ici que les différents sélectionneurs qui sont passés au Gabon, ont toujours rencontrés et déplorés les difficultés de tous genres auxquelles ils ont fait face. Le manque de moyens, de professionnalisme dans la gestion de l’équipe nationale, le trafic d’influence, le détournement des primes de joueurs, le non respect des calendriers etc. Tous ces maux ont depuis longtemps été les causes majeures des échecs que nous avons essuyés lors des dernières compétitions continentales. C’est pourquoi  il est temps pour eux (la fédération) de pallier à ces manquements qui sont d’un autre âge si on veut que notre équipe soit la plus compétitive possible.
Je pense qu’il serait judicieux de signer pour du long terme avec le futur sélectionneur des Panthères du Gabon. Un contrat de 4 ou 5 ans, permettra au nouveau coach de faire le travail de fond nécessaire pour remettre sur pied notre équipe nationale. Un toilettage serait le bienvenu pour rajeunir l’effectif afin de lui fournir la jeunesse talentueuse dont dispose les équipes nationales U-2O ou U-23.
Il nous faut un coach d’expérience et plein de caractère, rigoureux et professionnel, qui possède un véritable carnet d’adresse qui nous aidera à envoyer nos jeunes talents dans les meilleurs centres de formation et/ou clubs en Europe. C’est un point essentiel pour professionnaliser l’équipe nationale.
Tout ce que nous, fans des panthères, souhaitons messieurs les décideurs, c’est une équipe qui nous rende fiers et heureux, qui gagne des trophées et lève haut les couleurs nationales. Les talents sont là : AUBAMEYANG, ECUELE MANGA, POKO et tous les autres, il y a de quoi faire une bonne et grande équipe. Il faut pour cela un grand coach. Donc soyez pertinents dans le choix du sélectionneur c’est tout ce que nous vous demandons pour nos Panthères du Gabon.


                                         Vivement que le football reprenne sa place.


lundi 7 octobre 2013

Coup de gueule du jour : L'Afrique laisse ses enfants mourir.

Que font exactement les pays Africains face aux vagues de décès enregistrés par l’immigration clandestine des jeunes vers l’Europe ? Attendent-ils qu’il y ait des millions de morts pour que des mesures appropriées soient prises ? La mort d’un seul Africain  ne devrait-il pas déjà suffire pour que nos dirigeants trouvent des solutions adéquates à ce tragique phénomène ? Autant de questions qui laissent tout le continent interrogatif et en larme.

Nous savons tous les raisons de cette immigration clandestine, c’est un secret de polichinelle. Les jeunes Africains se sentent mal chez eux, ils n’ont pas de travail mais plutôt des guerres fratricides qui n’aboutissent in fine à rien si ce n’est les appauvrir davantage. C’est pourquoi sans hésiter et en sachant les risques qu’ils encourent, certains de nos frères décident de prendre le chemin de l’immigration clandestine en espérant une vie meilleure en Occident.
Le problème de l’immigration clandestine qui cause des milliers de morts par an, n’emballe pas vraiment les dirigeants Africains qui se concentrent seulement aux affaires de politiques politiciennes plutôt que sociales et humaines. On dirait même qu’ils ne regardent pas les informations, parce que l’ampleur de cette tragédie à heurter et heurte toujours le monde à chaque fois que nous voyons à la télévision des migrants repêchés morts ou vifs par les secours Européens.
Seuls les Africains peuvent trouver et doivent trouver les solutions à l’immigration clandestine, il ne faut pas se décharger de cette responsabilité qui incombe entièrement à nos dirigeants, s’ils en sont incapables qu’ils démissionnent alors. Depuis de nombreuses années déjà, les ONG et autres associations ont lancé des cris d’alarmes à l’endroit des autorités pour leur faire prendre conscience de la nécessité d’endiguer cette vague meurtrière.
J’ai la vive impression que les dirigeants Africains ont des mémoires courtes et sélectives, ou bien ils font fi de ne pas se rappeler de l’histoire de notre continent. Après tous les malheurs que nous avons subis, l’esclavage et la colonisation, comment accepter encore  de voir les jeunes Africains mourir à cause de l’immigration clandestine. C’est incompréhensible. Nous avons déjà perdu des millions de nos mères, pères, frères et sœurs durant l’histoire ; Il est inacceptable d’en perdre encore des milliers de nos jours. Savez-vous que 25000 jeunes Africains sont morts en 20 ans à cause de l’immigration clandestine, ce qui fait 1250 morts par an depuis 20 ans.  Pensez-vous que ce n’est pas largement suffisant pour agir ? Moi si.

Les guerres et la pauvreté sont les principaux facteurs d’immigration, qu’elle soit clandestine ou légale. On s’attarde sur les futilités alors que les véritables causes crèves aux yeux. La guerre doit d’abord cesser dans les pays où elle est la cause de l’immigration clandestine, ensuite le travail des jeunes doit être une priorité pour décourager ces derniers à s’aventurer dans ce genre de périple meurtrier.
Certains pays comme le Sénégal ont fait d’énormes efforts pour lutter contre ce phénomène. D’ailleurs c’est un sujet qui n’est presque plus d’actualité dans ce pays car les autorités ont quasiment réussi à convaincre les jeunes à ne plus immigrer en trouvant à ces derniers d’autres alternatives à travers le travail, le sport etc.
La pauvreté qui couvre tout le continent doit mobiliser les dirigeants, car elle  constitue la première cause d’immigration clandestine. Les jeunes sont au chômage, même en étant diplômés. Ils n’existent pas pour nous jeunes, des conditions favorables à notre émancipation et à notre accomplissement. Trop de pauvreté empêche les jeunes de croire, de rêver, de s’imaginer dans un futur proche et radieux. Trop de pauvreté entraîne le chaos, la prostitution, la rébellion ou l’immigration clandestine.

L’Union Africain (UA) devrait jouer pleinement son rôle dans ce sens, en trouvant les voies et moyens ordinaires ou extraordinaires pour convaincre les chefs d’Etats Africains a adopté une politique commune qui nous permettra de réunir toutes les conditions favorables pour que les enfants de AFRICA n’immigrent plus dans la clandestinité.

                        Vivement que ce phénomène prenne fin une bonne fois pour toute.

jeudi 3 octobre 2013

La question du jour : Crimes rituels ou trafic d'organes?

La vindicte populaire a eu raison de deux Français qui ont été brûles vifs aujourd'hui à Madagascar. Ces derniers ont été  accusés par la population de trafic d'organes sur un jeune garçon de 8 ans. Avant ces malheureux événements, ces deux hommes étaient déjà suspectés de ce genre de pratiques horribles.

 Deux aspects ont particulièrement attiré mon attention sur cette actualité :
Le premier est les organes retranchés par ces trafiquants, la langue et le sexe. Pourquoi me focaliser la dessus? Tout simplement parce que ce sont ces mêmes organes qui sont le plus souvent retranchés dans les crimes dits "rituels" qui ont marqués l'actualité au Gabon et au Cameroun ces derniers mois. C'est intriguant que ces crimes crapuleux soient considérés ou définis comme étant un "Trafic d'organes" dans un pays et "crime rituel" dans d'autres, pourtant les procédés utilisés par ces différents criminels et les organes retranchés sur leurs victimes, sont les mêmes au Gabon, au Cameroun et à Madagascar. Ces différentes appellations ont elles été données en fonction des pratiques locales déjà observées dans chacun de ces pays? 
Je ne saurais répondre convenablement à cette question parce que le deuxième aspect qui a retenu mon attention me plonge davantage dans la perplexité. En effet, l'un des deux Français  avait affirmé qu'il faisait parti d'un réseau international de trafic d'organe. Il kidnappait et dépossédait ses victimes de leurs organes, comme ceux cités plus haut. Comment dans ce cas faire la différence entre les "crimes rituels" et le "trafic d'organe" qui obéit à un réseau international de trafiquants?
La question vaut son pesant d'or car actuellement plusieurs de nos pays n'arrivent pas à arrêter les véritables coupables de ces crimes faute d'une bonne classification ou d'une bonne définition des crimes de cette nature. On ne peut pas résoudre ces crimes dans leurs globalités si on regarde exclusivement le problème d'un coté, notamment satanique.
Le débat reste ouvert, mais une chose est sur, il faut impérativement que les autorités compétentes distinguent les crimes qui sont de l'ordre d'un réseau international et ceux qui sont de l'ordre des pratiques sataniques, cette amalgame empêche véritablement l'arrestation des responsables de ces atrocités, qui jouent également avec cette ambiguïté pour continuer leur basse besogne en tout quiétude.

           
         Vivement que ces criminels soient arrêtés pour que d'autres familles ne pleurent pas leurs enfants.




        Source sur la mort des deux Français: Le Figaro

       

mercredi 2 octobre 2013

Vidéo du jour : Un documentaire sur Siya po'ossi X


Un documentaire sur le mythique groupe Gabonais SIYA PO'OSSI X  a été réalisé par Wilfrid Ebane Zeng. Cette vidéo a retenu mon attention tout particulièrement parce que nous n'en voyons pas souvent sur le rap "Gaboma", pour utiliser le jargon des rappeurs pour parler du Gabon. L'histoire de ce groupe est profondément liée à l'éveil de conscience des jeunes Gabonais sur les difficultés qu'ils faisaient face au quotidien. Le rap fut un exutoire pour la jeunesse défavorisée, c'était le seul moyen pour eux d'exprimer leurs différentes frustrations malgré les représailles auxquelles ils s'exposaient.

Ce documentaire est très intéressant car il donne la possibilité aux jeunes d'aujourd'hui et d'hier, de (re)plonger au cœur de l'histoire de ce groupe et du rap Gabonais à travers sa chronologie et une interview inédite avec tous les membres du groupe à l'exception de La Wanna.
C'est une très belle initiative et j'espère que d'autres de ce genre suivront.

Vivement que le rap Gabonais reprennent ses lettres de noblesse

mardi 1 octobre 2013

Sujet du jour : L’Afrique et sa souveraineté de façade




Peut-on véritablement dire que les Etats Africains sont souverains ? C’est une question existentialiste au vue des enjeux auxquels font face nos pays actuellement. Les retards criards observés dans les secteurs à mon sens souverains, ce qui n’est pas du sens de nos Etats, tels que l’éducation, la santé, la culture, l’alimentation, l’eau, et la sécurité, met en lumière la mauvaise compréhension ou la mauvaise foi que font nos dirigeants sur le concept de souveraineté.
En dehors des secteurs que j’ai cités plus haut, il faut également y ajouter la monnaie qui est le nerf de cette souveraineté. Je ne veux pas trop m’appesantir sur ce sujet parce qu’en dépit du fait que le CFA ne soit pas une monnaie créée par les Etats Africains, cela n’empêche guère à l’Etat Gabonais par exemple de construire une école primaire dans un village qui en a besoin. C’est pourquoi je me concentre spécifiquement sur la souveraineté qui a trait aux moyens de « conservation » comme disait Rousseau, de nos peuples, du peuple Africain. Il faut un peuple éduquer et proche de sa culture,  un peuple en bonne santé qui mange à sa faim, boit de l’eau potable et vit en toute sécurité. C’est uniquement par ces préalables fondamentaux que nos Etats Africains pourront envisager avec sérénité  et assurance l’avenir de nos pays.
A contrario, on remarque que la souveraineté se fait valoir par nos dirigeants que lorsqu’il y a ingérence dans les affaires politiques de nos Nations. On peut citer en autre les contestations électorales des ONG internationales ou de certains pays occidentaux et même Africains, les reproches en ce qui concerne la démocratie ou la liberté d’expression des journalistes par exemple. Ces dans ces circonstances que les dirigeants Africains sortent la carte de la souveraineté. Je les entends dire : «  Nous sommes un Etat souverain et libre, les affaires intérieures de notre pays ne concernent pas les autres Etats », c’est vrai mais pourtant lorsque les mêmes font des reproches sur des questions de souveraineté comme la santé ou l’adduction d’eau, ce sont également les mêmes dirigeants  qui leurs demandent de l’aide financières. Paradoxe.
C’est pour dire que la souveraineté n’a pas le sens global qu’il devrait avoir, mais plutôt un sens opportuniste, c'est à dire politique. C’est ce sens qui est le plus valorisé et qui justifie la longévité de plusieurs dizaines d’années au pouvoir des présidents en Afrique, les dictatures que nous connaissons, la gabegie à outrance et j’en passe.
La souveraineté mes chers frères Africains doit d’abord consister à bien protéger nos frontières. Comment comprendre que nos armés ne peuvent pas, fautes de moyens suffisants et appropriés, garantir l’intégrité territoriale de nos pays. On l’a vu au Mali, au Congo-Kinshasa, en Centrafrique etc. La première obligation de nos gouvernants est celle-là, assurer l’intégrité territoriale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’aucun peuple et aucun pays ne peut se développer et surtout se « conserver » dans un environnement d’insécurité permanente. C’est une obligation souveraine.
On a l’impression que les dirigeants Africains oublient que ce sont les hommes et les femmes qui font la prospérité d’une nation. Il faut bien le dire, aucun autre être vivant ne l’a compose, si ce n’est les Hommes. Parce que lorsqu'on voit le dispositif sanitaire de nos pays, on comprend aisément que ce n'est pas destiné aux derniers cités. Le mauvais état de santé des Africains, Notre espérance de vie est « jeune », 57 ans alors que la moyenne mondiale est de 69 ans. La mortalité infantile a tué 7,6 millions (2010) d’enfants de moins de 5 ans en Afrique, la pandémie du Sida, le paludisme, le diabète, la tension artérielle pour ne citer que ceux là, font des millions de morts chaque année à travers le continent.
Comment entrevoir l’avenir quand nos populations meurent prématurément des maladies connues de tous et qui peuvent pourtant être prévenues. Comment avoir des hommes et femmes forts, performants et qui vivent longtemps si on n’améliore pas leur santé. Il va sans dire qu’il faut impérativement que le secteur de la santé qui est vital non seulement pour les Africains mais aussi pour le continent, soit reformé et adapté aux réels besoins de ceux qui font la nation, c'est-à-dire les populations. La souveraineté consiste également à garantir cela, car relevant de la survie du peuple et de la nation.
Le meilleur moyen pour lutter contre les maladies, ou contre certains fléaux qui sévissent en Afrique est l’éducation. Elle seule permet aux populations de maîtriser et de mieux comprendre les moyens de lutte contre les maladies. L’éducation est un grand défi continental, les statistiques sont assez intéressants sur le plan de la scolarisation, il y a 90% de scolarisés parmi la population. C’est déjà une bonne chose, cependant le taux d’échec, l’abandon scolaire, l’inadéquation entre l’éducation et les réalités endogènes des pays Africains, viennent ternir ces efforts de scolarisation déjà consentis. En marge de ces facteurs qui édulcorent ce fort taux de scolarisation, il y a aussi les grèves et revendications intempestives  des enseignants qui sont faites chaque début de rentrées et même durant l’année scolaire, les universités qui sont devenues des lieux de propagandes politiques; Les sectes, le repli ethnique, l’affairisme, ont pris la place de la transmission du savoir et la recherche scientifique qui pourtant permettraient de donner des réponses précises aux divers questions qu’on se pose sur notre passé,  notre présent et notre avenir.
Maurice Barrès disait que « l’éducation ne transforme l’homme, mais l’éveil » c’est à cela que doit consister l’éducation du peuple, les maintenir en « éveil » pour construire une Afrique forte et prospère.  Elle permettra surtout de qualifier les ressources humaines qui porteront les nombreux projets prioritaires dont le continent se dote pour assurer son avenir. Ne croyez-vous pas que cela devrait aussi relever de la souveraineté ? Moi si.

L’alimentation en Afrique, voici un une problématique qui fait couler beaucoup d’ancres et de salives. Comme dans les secteurs sus cités, l’alimentation ne devrait pas échapper aux obligations souveraines de nos Etats. Un pays qui est incapable de nourrir son peuple convenablement et à des prix abordables, ne peut se venter d’être souverain. La sécurité alimentaire à travers l’auto suffisance alimentaire est un moyen de lutte contre les famines que nous observons sur le continent, notamment comme celles connues dans la corne de l’Afrique ou encore en Afrique de l’Ouest.
Il est vrai que la production agricole a augmenté de 10% ces dernières années en Afrique, toutefois on remarque que les prix proposés sur le marché sont toujours aussi élevés pour des raisons aussi diverses que variées. Une approche plus élaborée sur le secteur devrait mobiliser tous les dirigeants pour que l’Afrique assume elle-même l’alimentation de ses enfants. Il y va de notre souveraineté alimentaire.
Sur une émission de radio un Monsieur avait dit : « La santé commence d’abord par boire de l’eau potable » c’est sans réserve que je partage cette idée, car une eau qui n’est pas potable entraîne des maladies qui habituellement tuent nos populations. Mais l’eau c’est d’abord la vie, chaque pays devrait s’assurer de l’adduction en eau courante dans chaque foyer. Ce qui n’est pas le cas malheureusement dans nos pays, le nombre de foyer et la qualité de l’eau distribuée ne font que diminuer d’années en années fautes également de programmes nationaux d’adduction d’eau. Cette richesse précieuse doit relever de la souveraineté d’un Etat à travers des contraintes qui obligent les concessionnaires à multiplier les investissements afin d'accroître le nombre de foyer qui ont accès à l’eau courante.
Enfin la culture, on dit souvent que « C’est ce qui reste quand on a tout perdu », et oui c’est tout à fait vrai. Après l’esclavage et la colonisation qui ont considérablement entamés notre culture, il y va de la responsabilité de nos dirigeants de faire en sorte qu’elle soit valorisée pour ne pas oublier et perdre nos origines, nos croyances et rites, nos us et coutumes. Notre culture est notre équilibre sans aucun doute, c’est notre rempart car nous nous référons à elle dans les moments difficiles.
Avec la mondialisation et la globalisation du monde actuelle, il serait préjudiciable pour nous Africains d’abandonner ou de négliger notre culture au profit de celle des autres. Nous devons comme ces derniers la diffuser et la valoriser car étant trop riche et belle pour la garder seulement pour nous. Il constitue un secteur de souveraineté, pas de mot mais d’acte tout comme les autres domaines traités. Les Etats doivent garantir sa perpétuation à travers les années à venir pour que les générations futures  et le monde se rappellent de nos origines et de nos pratiques.


Si véritablement les dirigeants considéraient ces domaines comme étant souverains, nous en saurions pas à ce niveau de nos jours. Pour avoir un essor croissant et maîtrisé de nos pays, il faut sans aucun doute revoir la conception de souveraineté. Elle n’est pas seulement celle-là qui est célébrée chaque année lors des fêtes de l’indépendance à travers le continent, elle est surtout celle qui relève de notre « conservation », des moyens que j’ai cités plus haut qui nous garantirons un avenir certain. Le présent qui souffre de plusieurs maux dus à cette mauvaise compréhension de la souveraineté, se verra meilleure si ceux qui nous dirigent élargissaient leur champ de définition et si la société civile Africaine joue pleinement son rôle d’observateur et de baromètre de l’évolution sociale et économique de nos pays.


                  Vivement que l'Afrique se réveil.

jeudi 26 septembre 2013

Vidéo du jour : Obligés de puiser l'eau du Puits


Cette vidéo réalisée par Alioune DIOP a tout particulièrement retenu mon attention. On y voit des populations allant puisés de l'eau dans un puits à cause de la pénurie d'eau qui sévit dans la capitale. Cette vidéo a été filmée aux parcelles assainies, un quartier situé dans la banlieue de Dakar. 

Comme je l'ai dit et montré dans image du jour, les populations ont véritablement du mal a trouvé de l'eau malgré les citernes mis à la disposition de ces derniers afin d’alléger les désagrément causés par cette pénurie. 
Cette situation n'a pas seulement des effets sur le besoin en eau des familles mais aussi sur leurs activités agricoles et commerciales, certains maraîchers comme on le voit dans la vidéo ont du mal a arrosé leurs jardins qui constituent  la source de leurs revenus.
Le rétablissement de l'eau courante serait véritablement un ouf de soulagement pour les populations de Dakar. Espérons que d'ici la fin du weekend la situation rentre vite dans l'ordre pour un retour à la vie normale.